Jour 5

Lever à 9h30. Je vois un groupe qui part vers kangerlussuaq. Je m'y précipite pour les rattraper pour qu'ils informent Belinda et Tuuma de l'erreur de localisation de la hut près du lac. Ils sont Suisses. Ils me demandent s'ils m'ont fait un coup ou s'ils étaient de bonne foi. Je leur réponds qu'il n'y a pas de doutes. Je ne sais pas si mes explications ont été claires, ils n'ont rien noté.
 Je guette le prochain groupe qui part. Ce sont des scouts danois. Pour eux, je fais un plan avec les modifications.
Enfin, je fais connaissance avec le "militaire", Stefan. Il a appelé l'hélico pour chercher ses copains. Maintenant, il attend. C'est un danois qui travaille temporairement au Groenland. Après discussion sur les rairons de ma présence ici, nous nous apercevons que nous avons un ami commun... en Angleterre !
 Je mange des nouilles chinoises, puis je pars. Je passe le gué sans les chaussures qui sont presque sèches, il est 14h30. L'hélico arrive et se pose près de la hut. Ils vont régler les formalités avec Stefan dans la hut puis décollent tous.
helico
P1 : L'hélico vient chercher les amis de Stefan

La progression tourne à la Sylvester Rambo. Mouillères, saules de 2 m de haut, ruisseaux, marécages, mouches, moustiques, chaleur. Les moustiques piquent à travers le sweat-shirt. Des mouches réussissent à passer dans la moustiquaire. Je n'ai pas le courage de déballer le matériel photo pour prendre une photo souvenir. Il n'y a pas de sentier. Je débouche sur un groupe qui vient de passer dans l'autre sens. Ils sont à 4 ou 5 mètre. Je les salue, mais ils sont vraiment à bout, près de craquer; il y a visiblement la discorde dans leur groupe ce qui est normal dans ces conditions. Ils continuent sans répondre. Tant pis pour eux, j'aurais pu les tuyauter.

saules Mouillères
P2 : Marcher dans les saules... P3 : Marcher dans les mouillères

Les saules diminuent progressivement pour laisser la place à des mouillères et des marécages. Les sentiers mènent à des marécages. Quand on arrive à franchir le marécage, il est impossible de retrouver le sentier, mais après quelques dizaines de mètres, on en retrouve un qui mène au bout de quelques mètres à un nouveau marécage. Mais gardons le moral, le "sentier" est classé bleu...
 Il y a toujours quelque chose qui agresse. Les chaussures sont pleines d'eau et de vase. 17h, j'ai fait 4.5 km ce qui fait moins de 2km/h, sans arrêt. A ce rythme, l'arrivée à la hut que j'espère atteindre est prévue pour 0h30.
 J'ai des douleurs dans les pattes, mais il n'y a pas de place pour une tendinite. J'ai encore les pieds dans l'eau pour la journée, alors, faisant contre mauvaise fortune, bon cœur, je profite de chaque ruisseau pour tremper les pieds dans l'eau et ainsi changer l'eau contenue dans les chaussures. C'est rafraîchissant; c'est un plaisir à chaque fois.

Je croise un groupe de groenlandais avec qui nous tentons une discussion. Ils me disent que des canoës sont disponibles pour traverser la rivière. Mais quelle rivière ? Je ne trouverai ni les canoës ni la fameuse rivière à traverser. Cette information m'aura cependant incité à longer la rivière alors qu'il aurait été préférable de longer le côteau comme indiqué sur la carte.
Ces groenlandais ne portent pas de moustiquaire. C'est parce qu'ils viennent d'une zone ventée dans laquelle je vais entrer. Il n'y a maintenant pratiquement plus de mouillères, simplement un enchevêtrement de saules, pas de sentier, mais grâce au vent, il n'y a plus de mouches. Presque un paradis.

map52

A 19h40, le dernier lac est en vue. Il faut alors traverser des ruisseaux encaissés. A l'approche du lac, le vent cesse. Les mouches et moustiques reviennent. Avec la moustiquaire et le soleil arrière, il devient impossible de voir les saules qui jonchent le sol. En plus, ici, la difficulté est de marcher dans ces éponges dans lesquelles le pied s'enfonce de 10 à 20 cm dans ce genre de mousse sèche.

Lac Hut
P4 : Le lac est en vue P5 : Dernière hut

Je passe un dernier ruisseau avec les chaussures et m'arrête sur la plage où je mange bercé par le ressac. Il est 21h35. En buvant l'eau des pâtes, je me prends à rêver de moules au curry.
Je fais le plein d'eau et repars à 22h15. Je me rends compte que je perds mon pantalon, signe que j'ai perdu plusieurs kilos.
Dernière montée, après une dernière traversée de marécage dans lequel je m'enfonce jusqu'au mollet, j'arrive à la hut prévue. Il est 0h10. La hut est vide, je sors mes chaussures, les pieds me brûlent, mais les crevasses dans les pieds sont moins importantes que la veille.
Repas de nouilles chinoises et biscuits; qajaasoq. Il n'y a qu'une fenêtre au refuge. Je sors donc ma frontale. Je me couche à 1h.
Je suis inquiet pour demain. La piste d'aujourd'hui était classée bleue. Celle de demain sera rouge pour la première moitié et noire à la fin. Je risque de ne pas avoir envie de me lever.

 

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